Mesdames et Messieurs les Elus.

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Voici la Lettre aux Elus du collectif des psychologues hospitaliers à envoyer à chacun de ses députés et sénateurs.

 

Nous vous invitons à prendre connaissance de la situation catastrophique des milliers de psychologues de service public.

Voici les grandes dates du développement de la profession de psychologue en France avant sa disparition programmée par des Hauts Fonctionnaires du ministère de la santé.

En France, c’est en 1947 , avec la première Licence en Psychologie délivrée par la Sorbonne, que les psychologues cliniciens ont commencé leurs carrières dans nos hôpitaux publics.

Progressivement, et par leur professionnalisme, ils ont démontré le rôle important que pouvait jouer la prise en charge psychologique des malades en complément des soins médicaux et paramédicaux.

Mais il a fallu attendre 1971 pour qu’un décret inscrive la place de ces professionnels au sein de l’institution hospitalière. Cependant si leur place (niveau de recrutement et échelle indiciaire) était définie, leurs missions et leurs fonctions ne l’étaient toujours pas.

Par ailleurs, la profession de psychologue se développant aussi dans le secteur privé, et alors qu’étaient requis leurs diplômes pour accéder à la Fonction Publique (Hospitalière, mais aussi Territoriale et d’Etat), aucune exigence n’était instituée pour l’exercice libéral. Après de longues négociations, 1985 fut l’année où le TITRE de « PSYCHOLOGUE » fut protégé légalement. Le TITRE oui, mais pas leurs actes, ni leurs activités.

Il fallut à nouveau attendre 1991 , pour asseoir cette profession au sein de la Fonction Publique Hospitalière par des actions fortes des pouvoirs publics : une action réglementaire du gouvernement qui institua par Décret un véritable « statut particulier des psychologues de la Fonction Publique Hospitalière » et une action législative du parlement (à l’unanimité de l’Assemblée Nationale et du Sénat – voir les B.O.Ass. Nat. et B.O.Sénat) qui institua, dans la Loi portant réforme hospitalière de cette année-là, et comme mission obligatoire des hôpitaux « la prise en charge des aspects psychologiques du patient par les psychologues ». Ils précisèrent clairement qu’une telle disposition législative devait asseoir de façon incontournable le métier de psychologue comme indispensable complément à la prise en charge médicale des patients. Et la Loi portant réforme hospitalière de 2002 confirma cette mission allouée aux psychologues.

 

 

Aujourd’hui nous en arrivons à vous saisir, car tous les indicateurs professionnels, nous amènent à la conclusion quasi certaine que le métier de psychologue au sein de la Fonction Publique Hospitalière est en train de disparaître, et aura définitivement disparu d’ici moins de 10 ans.

Nous constatons qu’il est attaqué législativement et réglementairement sur plusieurs fronts en même temps :

  • La Loi HPST de juillet 2009 , portant réforme hospitalière, par l’action du Parlement (et comme un seul homme) supprima d’un trait de plume la « prise en charge psychologiques du patient »… en un mot, supprimant ce qu’avaient institué, de façon unanime, les parlementaires de 1991 (dont certains siégeaient toujours en 2009) !
  • En catimini, et sans négociation avec la profession, le Ministère de la Santé a modifié profondément le contenu de la « Fiche Métier : Psychologue de la Fonction Publique Hospitalière » pour la dépouiller de ce qui faisait sa spécificité.
  • Contrairement aux dispositifs de résorption des emplois précaires, de plus en plus de recrutements de contractuels psychologues ont pourvu des emplois de titulaires.
  • Un nouveau métier hospitalier de « psychothérapeute » a été législativement et réglementairement institué dans Fonction Publique Hospitalière ; métier dont les missions sont strictement identiques à 70% de celles des psychologues cliniciens des hôpitaux publics. (les 30% restant aux psychologues sont des missions de formation et de recherche qui, depuis leur institution en 1991, sont généralement empêchées par les Directions hospitalières qui n’en comprennent pas l’intérêt pour cette profession et les usagers).
  • Comble du mépris, pour porter, en sus, le titre de “psychothérapeute”, les pouvoirs publics exigent des psychologues cliniciens (expérimentés et déjà formés) de se former à la psychopathologie (alors que la majorité des cliniciens ont déjà obtenu cette formation dans leurs cursus universitaire !).

 

Mesdames, Messieurs les Parlementaires : à persister dans cette voie, le gouvernement prend la lourde responsabilité,dans la Fonction Publique Hospitalière, et plus largement en matière de Santé Publique, de supprimer à tous nos concitoyens un droit fondamental : « la prise en compte des aspects psychologiques » des personnes qui sollicitent en milieu hospitalier un soin psychique, lorsqu’elles présentent ou non une pathologie somatique et/ou mentale.

Collectif national des psychologues hospitaliers.

A ce jour, 1260 personnes ont signé lemanifestedespsychologueshospitaliers.

 

28 mars 2011

[/ Le collectif des psychologues hospitaliers /]

 

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