PROPOSITION DE DEVELOPPEMENT DE LA GRANDE PROFESSION « PSY » GENERALISTE DE HAUT NIVEAU DONT NOS CONCITOYENS ONT BESOIN : LA PROFESSION DE PSYCHOLOGUE

dimanche 2 décembre 2007 Par Jean-Pierre BOUCHARD
samedi 1er août 2015
par  psycho
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(DOCTORAT OU EUROPSY ?)
dimanche 2 décembre 2007
Par
Jean-Pierre BOUCHARD
Psychologue, spécialiste des agresseurs et des victimes, diplômé
d’études supérieures spécialisées (D.E.S.S.) en psychologie
pathologique et clinique, docteur en psychopathologie, docteur
en droit, diplômé en criminologie appliquée à l’expertise
mentale, diplômé en victimologie (Universités de Paris V et de
Washington), promoteur d’une proposition de réforme de la
formation initiale des psychologues en France et dans l’Union
Européenne.
Courriel : jean_pierre_bouchard@yahoo.fr
La complexité et l’importance capitale dans tous les domaines de la vie, du
psychisme et des comportements humains, imposent l’existence de psychologues
hautement qualifiés pour les appréhender. Dispenser ce haut niveau de
qualification actualisé est techniquement possible et humainement
incontournable. Des réformes rapides doivent rendre cette exigence réalisable.
C’est l’intérêt de toutes et de tous. L’Union Européenne, et la France en
particulier, doivent devenir une référence et un exemple dans le monde pour
l’enseignement et l’exercice professionnel de cette discipline devenue majeure : la
psychologie.
Il est donc plus que jamais indispensable de développer et d’actualiser la grande
profession « psy » généraliste de haut niveau, la profession de psychologue, dont
nos concitoyens ont besoin dans de nombreux domaines de leur vie privée,
professionnelle ou sociale.
Ce développement passe par des changements importants dans la formation
initiale des psychologues français :

Création d’un cursus de formation unique, actualisé, harmonisé, intégrant
tous les secteurs d’application de la psychologie, cursus validé par un
doctorat.

Modification des critères de recrutement et de compétences des
enseignants de la psychologie afin que cette formation initiale par
l’excellence devienne réellement effective.

Formation d’un nombre adapté de psychologues par rapport aux besoins.
Les conséquences positives de cette réforme de la formation des psychologues
concerneraient de nombreux domaines. En voici six exemples.

Education : prévention, dépistage, traitement des problèmes personnels ou
de l’apprentissage de la maternelle à l’université (auprès des écoliers,
collégiens, lycéens et étudiants) ; orientation ; conseil, aide à la gestion des
difficultés des personnels de l’enseignement ; etc.

Santé : dépistage, prévention, diagnostic, traitement des troubles
psychiques et du comportement, des conduites addictives, des problèmes
psychologiques liées aux pathologies somatiques (cancer, S.I.D.A., soins
palliatifs, etc.), des problèmes liés au vieillissement de la population
(maladie d’Alzheimer et autres pathologies ou situations à problèmes) ;
formation et supervision des soignants ; etc.

Justice : prise en charge des victimes, des auteurs d’infractions en milieu
carcéral ou extra carcéral, lutte contre la récidive, expertises, formation des
personnels (magistrats, avocats, personnel pénitentiaire, travailleurs
sociaux,…), etc.

Milieu du travail, des entreprises et des organisations publiques et
privées : recrutement, gestion de problèmes des personnels, gestion des
ressources humaines, coaching, bilans de compétences, orientation, etc.

Sport : bilans, gestion et amélioration (licite) des performances, gestion du
stress, de la réussite, des échecs, de la carrière, lutte contre le dopage, aide
à la reconversion après l’arrêt de l’activité sportive, etc.

Recherche : développement de nombreux axes de recherches utiles en
rapport avec les nécessités de terrain dans tous les domaines d’application
de la psychologie.
La mise en place de cette proposition de réforme de fond, tout en apportant un
gain de services très important à nos concitoyens, ne serait pas plus onéreuse que
le modèle actuel qui s’avère régulièrement très contre productif. Elle apporterait
aussi aux usagers une clarification considérable et nécessaire de la nébuleuse
« psy ».
La réalisation de cette réforme pourrait faire de la France, où elle est depuis
longtemps d’une urgente nécessité, un pays moteur en la matière. Ce modèle
basé sur l’excellence de la formation et des services rendus pourrait par la suite
faire école dans le reste de l’Union Européenne.
La communication qui suit développe avec plus de précision cette proposition de
réforme.
PROPOSITION DE REFORME DE LA
FORMATION DES PSYCHOLOGUES EN
FRANCE ET DANS L’UNION
EUROPEENNE
(Doctorat ou Europsy ?)
A PROPOSAL FOR REFORMING
PSYCHOLOGISTS’ TRAINING IN FRANCE
AND IN THE EUROPEAN UNION
(Doctorate or Europsy ?)
Par
Jean-Pierre BOUCHARD
Psychologue, spécialiste des agresseurs et des victimes, diplômé
d’études supérieures spécialisées (D.E.S.S.) en psychologie
pathologique et clinique, docteur en psychopathologie, docteur
en droit, diplômé en criminologie appliquée à l’expertise
mentale, diplômé en victimologie (Universités de Paris V et de
Washington), promoteur d’une proposition de réforme de la
formation initiale des psychologues en France et dans l’Union
Européenne.
Courriel : jean_pierre_bouchard@yahoo.fr
Résumé
En France comme dans L’Union Européenne le nombre des psychologues ne cesse
d’augmenter pour constituer de très loin le plus important vivier de
professionnels « psy » et d’experts potentiels. Les demandes de prestations faites
aux psychologues dans des domaines très variés connaissent elles aussi, depuis
des années, une expansion sans précédent. Malgré ce développement qui devrait
encore s’accroître considérablement, les formations initiales des psychologues
demeurent très inégales et disparates et souvent très éloignées, voir inadaptées
par rapport aux attentes légitimes des usagers. Il importe donc de réformer au
plus vite cette formation en l’allongeant, en l’actualisant, en l’homogénéisant, en
l’adaptant aux connaissances et aux besoins actuels et en la sanctionnant par un
titre unique et clair : le doctorat. Pour résumer le problème qui ne cesse de
s’aggraver dans sa spécificité française, il faut former beaucoup moins de
psychologues mais il faut les former beaucoup mieux.
Cette réforme, d’une impérieuse nécessité sociale et humaine, doit évidemment
s’accompagner aussi d’une indispensable et importante révision des critères de
sélection et de compétence de celles et de ceux qui dispenseront cette formation
renouvelée (les critères en vigueur actuellement pour recruter les enseignants de
la psychologie étant depuis longtemps, et à juste titre, très largement contestés
comme étant la principale cause des carences de la formation initiale des
psychologues et de leur morcellement professionnel).
AVANT-PROPOS :
Le doctorat : un impératif pour les psychologues européens (Proposition de
réforme). C’est sous ce titre que cette communication a été faite une première
fois dans le cadre du colloque qui s’est tenu les 24 et 25 juin 2004 à l’Université
de Toulouse 2 (France) et qui avait pour thème, « la formation professionnelle des
psychologues et l’université » (4). Cette proposition de réforme de la formation
initiale des psychologues français et européens pose un cadre général, clair et
simple. En suscitant l’amélioration du contenu de cette formation et en confortant
la spécificité et l’unité de la profession de psychologue, tout en permettant la
polyvalence de son exercice, cette réforme permettrait de mieux répondre aux
demandes légitimes sans cesse plus nombreuses, plus diversifiées et plus
complexes faites aux psychologues. Cette réforme permettrait également
d’apporter une solution adaptée et de qualité au problème crucial de la formation
visant à l’exercice des psychothérapies. Afin d’apporter une qualité de service
optimum cet exercice des psychothérapies doit demeurer une des fonctions
possibles, parmi d’autres, d’un métier à la culture théorique et pratique
psychologique beaucoup plus large et de haut niveau et ne saurait se réduire à
une formation, à un titre et à une profession de « psychothérapeute » au sens
étroit et appauvri du terme (Confer la création en France du titre de
psychothérapeute le 9 août 2004 dont la rédaction finale des décrets
d’application a été rejetée par le Conseil d’Etat). Il suffirait donc aux personnes
qui souhaitent exercer les psychothérapies de devenir psychologue (ou
psychiatre) de souche si elles ne le sont pas déjà.
Cette proposition de réforme, socle de la profession et de son exercice, a reçu un
avis de principe favorable de la majorité des psychologues français et européens
(présents au colloque toulousain) interrogés sur sa validité (professionnels de
terrain dans des domaines différents, représentants d’organisations de
psychologues, universitaires et étudiants en psychologie). Depuis le colloque de
Toulouse cette proposition régulièrement affinée et publiée dans des journaux
scientifiques et professionnels ou sur des sites Internet spécialisés (1, 2, 3, 4, 5) a
également reçu de nombreuses autres réactions de soutien de la part de
psychologues ou d’autres professionnels (enseignants, cadres de santé,
médecins, directeurs d’institutions, infirmières, avocats, etc.). Sur les dizaines de
milliers de psychologues ou d’autres personnes qui ont pu prendre connaissance
de cette proposition moins de dix réactions critiques ou défavorables ont été
exprimées. Cette proposition de réforme a également été exposée par son auteur,
de façon plus complète qu’à Toulouse, aux « 2èmes Entretiens de la Psychologie »
qui se sont déroulés en novembre 2006 à l’Université René Descartes Paris V (6).
C’est cette version, augmentée et actualisée, qui est ici rapportée.
LA PROPOSITION DE REFORME :
Les interventions et les sollicitations des psychologues dans des domaines de plus
en plus variés et sensibles (champ social, éducation, justice, santé, transports,
police, milieu du travail et des entreprises, armées, milieu carcéral, suivi extra
carcéral, sport, orientation, prise en charge des victimes, expertises, etc.) pour
des personnes de tous âges (de la conception à la mort) ne cessent de s’accroître
depuis des décennies en France et en Europe en particulier. Parallèlement les
connaissances et les pratiques en psychologie ne cessent elles aussi de se
développer, de s’enrichir et très fréquemment les formations initiales, trop
souvent disparates et inégales, des professionnels de la psychologie ne
permettent plus d’assurer l’intégration de ces connaissances et de ces pratiques
indispensables à un exercice professionnel valide. Le problème crucial d’une
réforme du contenu et de la durée de formation des psychologues français et de
l’Union Européenne se pose donc avec une particulière acuité depuis de
nombreuses années.
1-Le nécessaire allongement de la formation initiale des psychologues
français et européens :
Force est de constater que les durées de formation en six ans, cinq ans ou moins
(Master ou autres appellations) ne sont plus suffisantes pour intégrer la quantité
de connaissances théoriques et de mises en situations pratiques nécessaires à
une bonne formation. « EuroPsy » par exemple qui exigerait une sixième année
(7), est un projet très compliqué et très insuffisant qui ne résoudrait pas de façon
optimale les grands problèmes de la formation des psychologues et des
compétences qu’ils doivent acquérir pour accéder à l’exercice professionnel, à la
recherche et à l’enseignement de la psychologie. La durée de la formation initiale
des psychologues doit donc être allongée. Un alignement sur le niveau doctoral
du nouveau cursus européen L.M.D. (Licence, Master, Doctorat) est une durée
minimale et raisonnable. Cet allongement permettrait d’intégrer les données
nouvelles concernant les champs traditionnels de la psychologie, les données
concernant les nouveaux champs d’application de la psychologie (voir encadré) et
devrait bien évidemment intégrer l’indispensable formation aux psychothérapies
référencées aux grands modèles théoriques et pratiques dont l’intérêt est
cliniquement reconnu (psychanalyse et thérapies d’orientation psychanalytique,
thérapies cognitives et comportementales, thérapies systémiques, thérapies
individuelles, de couples, familiales, de groupes …). Cette formation polyréférencée
permettrait de passer d’une culture encore trop souvent centrée sur
l’orientation, et les carences, du thérapeute à une culture d’indication,
d’ouverture et de compétences centrée sur l’intérêt des personnes suivies en
psychothérapie.
Les enseignements de psychophysiologie et neurosciences devraient être
actualisés et harmonisés en prenant en compte les grands enjeux de santé
publique actuels et à venir. Ils devraient être complétés par des enseignements de
psychopharmacologie incluant l’apprentissage à la prescription des médicaments
psychotropes.
2- Former un nombre adapté de psychologues par rapport aux besoins.
Pour résumer le problème de la formation des psychologues qui ne cesse de
s’aggraver dans sa spécificité française, on peut dire qu’il faut en former
beaucoup moins mais qu’il faut les former beaucoup mieux.
Des effectifs massifs d’étudiants sont dans les filières universitaires. Entre un tiers
et la moitié des étudiants en psychologie de l’Union Européenne sont français
(4) ... Dans les 5000 psychologues sont actuellement diplômés et titrés chaque
année en France (8, 9) après des cursus de formation très divers et le plus
souvent éloignés des réalités de terrain. Ce chiffre est très excessif par rapport
aux besoins, comme l’est également la constante multiplication des troisièmes
cycles ou des masters qui carence les étudiants en connaissances générales
théoriques et pratiques indispensables à l’exercice. Plus de deux cent intitulés
différents de masters en psychologie, créés à l’initiative d’universitaires sans
concertation avec les milieux professionnels, existent en France (10). La plupart
permettent de porter le titre de « psychologue » … Cette multiplication totalement
irréaliste des troisièmes cycles ou des masters, aux labels et aux contenus très
sectorisés, a également comme effets très négatifs de minorer les possibilités
d’insertion professionnelle ainsi que celles de changement de secteur d’exercice
en cours de carrière. L’incohérence et la faillite, déjà anciennes mais toujours
croissantes, de ce type de système au détriment des étudiants, des
professionnels, des usagers et de la recherche, plaide en faveur d’une formation
initiale unique de haut niveau, sanctionnée par un doctorat, harmonisée et
intégrant les fondamentaux concernant tous les champs d’application de la
psychologie.
L’adaptation du nombre de psychologues formés par rapport aux besoins pourrait
se faire par l’instauration d’un numerus clausus à l’entrée en Master 1 ( en France
cette sélection est faîte, de façon plus tardive et insuffisante, à l’entrée en
cinquième année ). Cette régulation laisserait trois ans au moins aux étudiants
pour faire preuve de leurs motivations et de leurs compétences. Elle donnerait
aussi aux étudiants qui ne poursuivraient pas le cursus universitaire en
psychologie un niveau licence (niveau clairement reconnu sur le plan européen) de
qualité pour se réorienter (concours, études ou professions nécessitant de bons
pré-requis en sciences humaines et en sciences de la vie, etc.).
3. Le doctorat : un diplôme unique, clair, de haut niveau conjuguant la
formation à l’exercice professionnel, la formation à la recherche et la
formation à l’enseignement.
Ce doctorat de niveau huit ans d’études supérieures minimum permettant
d’accéder au titre de psychologue serait un diplôme signant un haut niveau de
formation clairement reconnu par les usagers, les professionnels et leurs
éventuels employeurs. Ce diplôme serait attribué à des personnes ayant validé
des études complètes en psychologie. La nécessité d’harmonisation des
formations, des diplômes et des niveaux de compétence en France et dans l’Union
Européenne devrait faire de ce doctorat en psychologie, au delà de la France, un
diplôme professionnel commun à tous les Etats membres.
Ce doctorat ne serait pas la généralisation du doctorat actuel (à vocation
enseignement recherche) dont les carences sont régulièrement dénoncées car il
appauvrit et déconnecte des nombreuses réalités les doctorants en privilégiant le
travail sur un sujet unique : celui de la thèse (il faut rappeler que très peu de
psychologues sont aujourd’hui titulaires du doctorat car dans sa forme et dans
son contenu actuels très controversés ce diplôme n’est exigé que pour enseigner
dans le supérieur ; le niveau actuellement nécessaire pour l’exercice professionnel
en France est Bac + 5 [D.E.S.S. ou D.E.A.+ stage ou Master 2], niveau devenu
insuffisant qu’il faut améliorer). Cette formation renouvelée, de par son
programme théorique et pratique revu, augmenté et adapté aux réalités, de par
ses nombreuses, obligatoires, diversifiées et supervisées mises en situation sur le
terrain (dans les secteurs de l’éducation, du travail et des entreprises, de la
justice, de la santé, etc.) au cours des huit années d’études, préparerait beaucoup
mieux à l’exercice professionnel, à la recherche et à l’enseignement. C’est donc
l’optimisation de cette nécessaire et complémentaire triangulation, préparation à
l’exercice professionnel, à la recherche et à l’enseignement, que réaliserait ce
doctorat nouveau dans un cursus unique.
Les conséquences positives de cette réforme de la formation des psychologues,
en assurant un socle commun de connaissances et de compétences théoriques et
pratiques complémentaires et de haut niveau, concerneraient de nombreux
domaines. En voici six exemples.

Education : prévention, dépistage, traitement des problèmes personnels ou
de l’apprentissage de la maternelle à l’université (auprès des écoliers,
collégiens, lycéens et étudiants) ; orientation ; conseil, aide à la gestion des
difficultés des personnels de l’enseignement ; etc.

Santé : dépistage, prévention, diagnostic, traitement des troubles
psychiques et du comportement, des conduites addictives, des problèmes
psychologiques liées aux pathologies somatiques (cancer, S.I.D.A., soins
palliatifs, etc.), des problèmes liés au vieillissement de la population
(maladie d’Alzheimer et autres pathologies ou situations à problèmes) ;
formation et supervision des soignants ; etc.

Justice : prise en charge des victimes, des auteurs d’infractions en milieu
carcéral ou extra carcéral, lutte contre la récidive, expertises, formation des
personnels (magistrats, avocats, personnel pénitentiaire, travailleurs
sociaux,…), etc.

Milieu du travail, des entreprises et des organisations publiques et
privées : recrutement, gestion de problèmes des personnels, gestion des
ressources humaines, coaching, bilans de compétences, orientation, etc.

Sport : bilans, gestion et amélioration (licite) des performances, gestion du
stress, de la réussite, des échecs, de la carrière, lutte contre le dopage, aide
à la reconversion après l’arrêt de l’activité sportive, etc.

Recherche : développement de nombreux axes de recherches utiles en
rapport avec les nécessités de terrain dans tous les domaines d’application
de la psychologie.
Une telle réforme permettant de passer à une formation plus adaptée aux réalités,
plus homogène et par l’excellence des apprentissages assurerait de
meilleures garanties de service aux usagers des psychologues et à leurs éventuels
employeurs. Au-delà d’une amélioration de fond de leur formation initiale et de
leur offre de compétence elle permettrait aussi aux psychologues de voir une très
nette amélioration de leur statut professionnel ainsi que de leur niveau de
rémunération.
Selon le principe de la « clause du grand-père », les personnes déjà habilitées,
lors de la création de ce doctorat, à porter le titre de psychologue ne seraient pas
obligées de valider ce doctorat mais bénéficieraient des avancées générées par
cette amélioration importante de la formation initiale (statut, rémunération, etc.).
Si des personnes déjà habilitées à porter le titre de psychologue souhaitaient
valider ce doctorat, elles pourraient le faire dans un délai et selon des modalités
définis (complément de formation, validation des acquis de l’expérience, thèse,
etc.).
Pour aider les étudiants à assumer matériellement l’allongement du cursus des
systèmes d’aide financière lors des trois dernières années d’études devraient être
mis en place soit sous forme d’allocations d’études, soit sous forme d’internat
avec implication professionnelle rémunérée dans les grands secteurs d’exercice
de la psychologie (éducation, milieu judiciaire et para-judiciaire, milieu du travail
et des entreprises, santé, etc.) en parallèle et en complément de la formation à
l’université. L’internat devrait être privilégié car il permettrait la réalisation d’un
quadruple objectif : immerger les étudiant(e)s très avancé(e)s dans l’exercice
professionnel tout en continuant à les former sous tutelle de psychologues, leur
offrir des terrains d’exercice et de recherche variés, adaptés aux réalités et
incontournables, les rémunérer et rendre également par ce procédé un service
important aux usagers (particuliers ou institutions).
Cette nouvelle génération de psychologues formés dans l’excellence et à haut
niveau de compétences, serait donc particulièrement qualifiée pour exercer dans
le champ sanitaire (libéral ou institutionnel), dans le champ de l’éducation, dans
celui de la justice (expertises, prises en charges des victimes, suivi des infracteurs
en milieu carcéral ou extra carcéral, etc.), dans le monde du travail et des
entreprises, ainsi que dans de nombreux autres secteurs d’application.
L’amélioration très importante et indispensable apportée à la formation initiale
des psychologues par la création de ce nouveau cursus doctoral n’exclurait pas la
formation continue quand elle serait nécessaire en cours de carrière (actualisation
des connaissances théoriques et pratiques, changement de lieu et/ou de secteur
d’exercice, etc.).
4-La question du recrutement des enseignants de la psychologie à
l’Université :
Afin que la formation initiale des psychologues connaisse cette nécessaire
avancée, il est essentiel de modifier également certains critères de recrutement et
de compétence de celles et de ceux qui la dispenseront. Les critères passés et
actuels de ce recrutement sont régulièrement dénoncés car ils favorisent trop
souvent l’accès à l’enseignement supérieur à des personnes éloignées (voir
étrangères) des réalités d’exercice et de terrain, ce qui est pour le moins
paradoxal et préjudiciable à la formation des psychologues ainsi qu’à l’activité de
recherche. Comment et avec quelle pertinence et avec quelle validité enseigner
une discipline que l’on a peu ou pas pratiquée ou que l’on ne pratique plus depuis
longtemps ?…
Une voie agrégative ou post-doctorale devrait donc être créée pour recruter les
futurs enseignants (maîtres de conférences et professeurs) de la psychologie dans
l’enseignement supérieur (public et privé). Ce recrutement devrait prendre en
compte les connaissances théoriques des candidat(e)s mais également leur
connaissance de la profession et leurs qualités dans son exercice. Ainsi les
critères suivants devraient être incontournables pour recruter les enseignants de
la psychologie :

la validation du doctorat réformé en psychologie (et éventuellement la
validation de formations complémentaires à ce doctorat)

l’exercice de la profession de psychologue sur le terrain (pendant au moins
dix ans à temps complet avec possibilité de devenir ensuite praticienenseignant-
chercheur en psychologie, dans le secteur d’expériences et de
compétences acquises, si le(la) candidat(e) est sélectionné(e) à l’agrégation)

les aptitudes à l’enseignement et les capacités à former les futurs
psychologues aux actes professionnels qu’ils seront susceptibles de
réaliser : bilans, diagnostics, psychothérapies, expertises, orientation
scolaire ou professionnelle, etc.

les aptitudes à concevoir, initier, effectuer, diriger et communiquer des
recherches utiles
Le recrutement de tou(te)s les enseignant(e)s de psychologie (maîtres de
conférences et professeurs) dans le vivier des psychologues professionnels
expérimentés, talentueux, chevronnés et exerçant dans tous les champs
d’application de la discipline, sous statut de praticien-enseignant-chercheur, est
un élément capital pour réaliser cette indispensable amélioration de la formation
des psychologues, de leur exercice et de leur activité de recherche. Ainsi, la mise
en place au plus vite d’un doctorat réformé et d’une agrégation (ou en ce qui
concerne l’agrégation d’un dispositif formalisé équivalent) pour les psychologues
français et européens est une voie prioritaire de leur avenir. C’est l’intérêt
commun des professionnels de la psychologie, de leurs formateurs et bien plus
encore de leurs usagers (personnes ou institutions). Cette réforme, basée sur
l’excellence de la formation et des services rendus, permettrait aussi de conserver
l’indispensable unité de la discipline et de la profession au delà de la multiplicité
de leurs secteurs d’application et d’intervention. Elle faciliterait également les
possibilités d’insertion, de changement de secteur d’exercice en cours de carrière
et la mobilité géographique professionnelle au sein de chaque pays de l’U.E. et
entre les pays de l’Union Européenne. La mise en place de cette proposition de
réforme de fond, tout en apportant un gain de services très important à nos
concitoyens, ne serait pas plus onéreuse que le modèle actuel qui s’avère
régulièrement très contre productif. Elle apporterait enfin aux usagers une
clarification importante et nécessaire de la nébuleuse « psy ».
Il est plus que jamais indispensable de développer et d’actualiser la grande
profession « psy » généraliste de haut niveau, la profession de psychologue, dont
les usagers ont besoin dans de nombreux domaines de leur vie privée,
professionnelle ou sociale. Gageons que les pays de l’Union Européenne, et la
France en particulier, avides de développement et de modernité, sauront initier
rapidement ce type de réforme de bon sens qui, en améliorant la prise en charge
des personnes et l’équilibre collectif, serait une avancée nouvelle et importante de
leurs traditions humanistes (selon l’Organisation Mondiale de la Santé une
personne sur quatre est en souffrance psychologique). La complexité et
l’importance capitale dans tous les domaines de la vie, du psychisme et des
comportements humains, imposent l’existence de psychologues hautement
qualifiés pour les appréhender. Dispenser ce haut niveau de qualification actualisé
est techniquement possible et humainement incontournable. Des réformes
rapides doivent rendre cette exigence réalisable. C’est l’intérêt de toutes et de
tous. L’Union Européenne et tous ses Etats membres doivent devenir une
référence et un exemple dans le monde pour l’enseignement et l’exercice
professionnel de cette discipline devenue majeure : la psychologie.
(Encadré) Des exemples d’enseignements indispensables :
la psychotraumatologie, la victimologie, la criminologie, l’expertise
mentale, des enseignements théoriques et pratiques inclus dans la
formation initiale réformée des psychologues.
Dans la perspective d’une telle réforme la psychotraumatologie et la victimologie
devraient être systématiquement incluses dans la formation initiale des
psychologues. Ainsi tout(e) psychologue sortant de l’université connaîtrait les
réactions et la symptomatologie qui peuvent être présentées par les victimes
d’événements potentiellement traumatisant ou perturbant de toutes sortes
(catastrophes naturelles ou technologiques, accidents, attentats, enlèvements,
prises d’otages, tentatives d’homicides, viols, allégations mensongères, incendies,
infractions contre les biens, autres types d’agressions humaines, etc.) ainsi que
les différentes prises en charge possible à court, moyen et long terme : defusing,
debriefing psychologique, psychothérapies, expertises mentales, etc. Une telle
réforme serait de nature à améliorer considérablement l’évolution et l’avenir
(psychologique, social, sanitaire et judiciaire) des victimes encore trop souvent
oubliées ou mal évaluées et mal prises en charge.
La connaissance de la délinquance et de la criminalité, la connaissance des
auteurs d’infractions (leur psychologie, leurs comportements, leur évaluation,
leurs prises en charge, leurs expertises, la lutte contre la récidive) indissociables
du problème des victimes, devrait être également enseignées.
De nombreuses autres matières théoriques et pratiques, recouvrant la diversité
des champs d’application de la psychologie, devraient aussi être intégrées à cette
formation réformée de tous(tes) les psychologues. Ces enseignements concernant
les victimes, les agresseurs et bien d’autres domaines essentiels à la validité
professionnelle des psychologues ont été jusqu’à présent majoritairement ignorés
ou négligés, dans leurs formations initiales, en France comme dans d’ autres pays
de L’Union Européenne. La création de programmes adaptés et harmonisés de
formation des psychologues ainsi que la mise en vigueur de nouveaux critères de
compétence et de recrutement des enseignants de la psychologie sont plus que
jamais indispensables.
Références :
1. Bouchard J.P.( Novembre 1988 ) – A propos du titre unique des
psychologues : le doctorat. Le journal des psychologues, n° 62,
51-52.
2. Bouchard J.P.( Avril 1989 ) –Le doctorat d’exercice : un
impératif pour les psychologues. Le journal des psychologues, n
° 66, 16.
3. Bouchard J.P.( Juin 1991 ) – Le doctorat et l’agrégation : les
voies de l’avenir pour les psychologues. Le journal des
psychologues, n° 88, 61.
4. Martineau J.-P., Savet A., Sztulman H., Bouchard J.-P., Vaysse
G. et al. La formation professionnelle et les fonctions des
psychologues cliniciens ( Actes du colloque sur « la formation
professionnelle des psychologues et l’université », 24-25 juin
2004, Université de Toulouse 2 ). Editions L’Harmattan, 2007.
5. Bouchard J.P. -Le doctorat : un impératif pour les psychologues
européens ( Proposition de réforme ). Le journal des
psychologues, 2004, n° 220, 4 ; Psychologues et psychologies,
2004, n° 176, 60-61 ; Psycho-Logos ( Journal de la Fédération
Belge des Psychologues, FBP, Bruxelles, Belgique ), n° 3/2004,
17-18 ; les Annales Médico Psychologiques, 2006, Vol. 164,
94-96 ; Revue francophone du stress et du trauma, février 2006,
Tome 6, n° 1, 54-56 ; Journal de thérapie comportementale et
cognitive, juin 2006, 16, 2, 75-78 ; Publication sur des sites
Internet spécialisés ( Psychologue.fr , Syndicat National des
Psychologues, Psychothérapie Vigilance.com, Journal International
de Victimologie, Psychologuesenresistance.org, Réseau national
des psychologues, etc.).
6. Rogard V., Bouchard J.-P., Lécuyer R. L’internationalisation de
la formation en psychologie : enjeux et réalisations. Présentation
du « Master Erasmus Mundus in Work, Organizational and
Personnel Psychology » ( V. Rogard. ) ; proposition de réforme de
la formation initiale des psychologues en France et dans l’Union
Européenne ( J.-P. Bouchard ) ; présentation d’« Europsy » ( R.
Lécuyer ). « Les 2èmes Entretiens de la Psychologie », Université
René Descartes Paris V, Institut de Psychologie, Boulogne-
Billancourt, 2-4 novembre 2006.
7. Site Internet « EuroPsy ».
8. Site Internet du Syndicat National des Psychologues ( S.N.P. ).
Rapport de la commission université du S.N.P. au recteur P.
Hetzel ( Président de la commission université-emploi au
ministère des universités et de la recherche ), juillet 2006.
9. Schneider B., Pâris L. Formation-Emploi ( en France ) :
l’insertion des psychologues. « Les 2èmes Entretiens de la
Psychologie », Université René Descartes Paris V, Institut de
Psychologie, Boulogne-Billancourt, 2-4 novembre 2006.
10. Site Internet de l’Association des Enseignants-chercheurs de
Psychologie des Universités ( A.E.P.U. ). Panorama des Masters.
Septembre 2007.


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7 juillet - 400 millions $ par an pour la psychothérapie

400 millions $ par an pour la psychothérapie
samedi 27 juin 2015
par psycho
popularité : 3% (...)

22 janvier 2013 - Le décret du titre de psychothérapeute pour les nuls : une loi d’exception !

Sur le Forum du Manifeste des Psychologues Hospitaliers
un avis argumenté de P (...)

14 décembre 2012 - Pétition initiée par le Collectif des 39

PETITION : Le changement est indispensable en psychiatrie pour une éthique de l’hospitalité (...)

27 janvier 2012 - A diffuser sans modération.

L’intercollège des psychologues d’IDF s’expriment.
Sur le forum du manifeste des psychologues (...)

24 novembre 2011 - Agnès : peut-on se fier aux expertises psychiatriques ?

Par Alexandra Guillet , le 23 novembre 2011 à 19h00 , mis à jour