Le décret définit les modalités d’accès à la consultation médicale d’évaluation et à la prescription de consultations psychologiques prises en charge dans la limite d’un forfait pour le jeune et les titulaires de l’autorité parentale.

Le décret de l’humiliation
jeudi 11 mai 2017
par  psycho
popularité : 3%

 

 

Alors que les organisations de psychologues et particulièrement le SNP demandent de garantir aux psychologues qu’ils sont des partenaires du soin et en aucun cas des auxiliaires médicaux sous tutelle médicale, les pouvoirs publics et particulièrement le lobby médical viennent de prendre une décision autoritaire, sans consentement de la profession et de la discipline, de mettre sous tutelle médicale la psychologie et les psychologues libéraux.

 

Alors que depuis le décret de 91 (1) dans son article 2, qui instituent dans la fonction publique hospitalière, les missions de prévention et de soins aux psychologues et à leur approche non médicale dans une perspective d’autonomie disciplinaire et méthodologique, et qu’ils exercent depuis presque 40 ans justement ces psychothérapies et des soins psychiques sans prescriptions et sans que cela pose problème , voila qu’aujourd’hui ce dispositif utile jusque la aux établissements de santé est balayé d’un coup de décret totalitaire d’une ministre en partance et d’un gouvernement désavoué, pour l’exercice libéral des psychologues. 

INCOMPREHENSIBLE TOUT SIMPLEMENT CETTE REGRESSION

Il est utile de rappeler que l’activité des psychologues est en grande partie une activité de psychothérapies dans le service public comme en libéral et que cette activité dans le cadre du titre de psychothérapeute a été réglementée sans qu’il soit fait référence à une prescription médicale préalable 

Ne serait ce pas la une manière pour la médecine de s’approprier SEULE un nouveau territoire celui de la souffrance psychique pourtant partagé jusque là avec la psychologie clinique et les psychologues qui ont débroussaillé depuis presque un demi siècle, ce territoire avec leur discipline ancrée dans les sciences humaines et le langage ?

Nous avons à faire là à une régression grave pour notre profession et notre discipline qui s’est investie depuis plus de quarante ans dans cette voie des soins psychiques et des psychothérapies dans un nouveau territoire, celui de la souffrance psychique, comme le décrit Anne Golse dans son Rapport "Convention de recherche MIRE n°22/00 2002". et en bonne intelligence à côté de la médecine.

 

Psychologuesenresistance

(1) Art. 2. - Les psychologues des établissements mentionnés à l’article 1er exercent les fonctions, conçoivent les méthodes et mettent en oeuvre les moyens et techniques correspondant à la qualification issue de la formation qu’ils ont reçue. A ce titre, ils étudient et traitent, au travers d’une démarche professionnelle propre, les rapports réciproques entre la vie psychique et les comportements individuels et collectifs afin de promouvoir l’autonomie de la personnalité.
Ils contribuent à la détermination, à l’indication et à la réalisation d’actions préventives et curatives assurées par les établissements et collaborent à leurs projets thérapeutiques ou éducatifs tant sur le plan individuel qu’institutionnel.
Ils entreprennent, suscitent ou participent à tous travaux, recherches ou formations que nécessitent l’élaboration, la réalisation et l’évaluation de leur action.
En outre, ils peuvent collaborer à des actions de formation organisées,
notamment, par les établissements mentionnés à l’article 1er ou par les écoles relevant de ces établissements.




Commentaires

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jeudi 18 mai 2017 à 15h21 - par  kadija TURKI

Hélas les médecins, contrairement aux psychologues, n’ont pas besoin de lobby. Ils font partie du pouvoir établi depuis plusieurs siècles.

Les récentes réformes hospitalières qui entraînent des regroupements de services et de territoires mettent fin à l’identification du pouvoir d’un médecin responsable d’une unité à un territoire et à une équipe de soins pour amener une circulation et plus de pluridisciplinarité, y compris entre médecins (sans oublier les intérêts économiques).

Des médecins vivent cette politique comme une perte insupportable et quittent l’hôpital.

Du côté du gouvernement on devine qu’il s’agit de garder le pouvoir médical tout en l’aménageant et en l’équilibrant avec un pouvoir administratif.

Rajouter le psychologue dans cette mécanique compliquerait les choses pour la gestion du pouvoir donc l’idéal pour le gouvernement est de garder un seul interlocuteur et de le faire contrôler le champ de la psychothérapie pour réaliser des économies (la parole, le psychologue coûtent moins cher que le médicament ou la consultation médicale dans la prise en charge du malaise social).

Rêvons un monde ou dans l’intérêt des patients les médecins et les psychologues discutent à égalité et réciproquement des traitements médicamenteux et des psychothérapies.

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jeudi 18 mai 2017 à 11h26 - par  psycho

en effet c’est bien ce combat que nous défendons et des propositions avaient été faites par le député Robillard dans ce sens mais le lobby médical est puissant en France.

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jeudi 18 mai 2017 à 11h16 - par  kadija TURKI

Il ne faut pas se tromper de combat. Tant que la psychologie n’est pas reconnue comme une profession de santé indépendante, on ne peut que constater l’hégémonie médicale et la relégation de la psychologie à la place subalterne ou elle est en l’état actuel des lois .

Le champ de la santé encadré par le gouvernement et pour ce faire par des lois est placé sous responsabilité médicale.

Prenons l’exemple de la psychothérapie.

 La reconnaissance de la psychothérapie comme soin officiel est un progrès mais dans le cadre de l’hégèmonie de la médecine dans le champ de la santé elle tombe de ce fait sous la coupe de la médecine. La psychothérapie est exercée par plusieurs métiers et en haut de la pyramide la plus grande compétence est donnée au médecin et la responsabilité de la formation universitaire des psychothérapeutes est attribuée également au médecin.

Dans la logique d’hégémonie de la médecine dans le champ de la santé, il n’y a pas d’autres moyens que d’être sous la tutelle médicale pour exister et être reconnu et faire partie du système de soin. Je le regrette pour ma profession et c’est pour cela que j’insiste sur la reconnaissance de la psychologie comme profession indépendante dans le code de la santé.

Vive la démocratie.


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jeudi 18 mai 2017 à 09h28 - par  psycho

Le communiqué du syndicat des psychologues qui fait retentir l’ambition des psychologues

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mercredi 17 mai 2017 à 23h47 - par  kadija TURKI

Autant on peut accepter qu’une prescription médicale puisse donner lieu au remboursement sécu, autant il serait inacceptable de passer par une prescription médicale obligatoire, sorte de filtre ou de laisser passer à l’accès aux soins psychologiques.

En milieu hospitalier, il parait invraisemblable d’attendre que les demandes soient systématiquement prescrites par les médecins au vu de leur charge de travail. - Et ce serait dommageable pour tous les autres professionnels avec qui nous travaillons, y compris les "dames de service", souvent attentives à l’humeur des patients.

Quant au système de non remboursement par la sécurité sociale de suivis psychologiques, il implique que les patients défavorisés n’ont pas le libre choix du mode de soutien ou de psychothérapie, ils peuvent aller consulter dans des centres dédiés, mais malheureusement avec des mois d’attente la plupart du temps. Personnellement, je pense que notre profession serait mieux reconnue, si nous pouvions faire bénéficier nos patients de remboursements, même partiels.

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mardi 16 mai 2017 à 20h00 - par  psycho

Bjr

quel message voulez vous adresser par ce commentaire ?

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mardi 16 mai 2017 à 17h41 - par  kadija TURKI

Pour ma part, lorsque j’étais en faculté de Psychologie les enseignants avaient tendance à dire que le grand public ne savait pas ce qu’était un psychologue.

Certains ne savent même pas distinguer un psychologue d’un psychiatre.Cependant, de plus en plus de personnes ont intégré le fait que le psychiatre est un médecin et que ses actes sont pris en charge par la Sécurité Sociale contrairement à ceux du psychologue.

Aujourd’hui nos actes ne sont pas réglementés. N’importe qui peut employer des inventaires de personnalité et autres tests psychométriques en toute légalité (du DRH au psychanalyste auto-proclamé). Tout le monde peut faire le "psy". J’ai même vu récemment un cabinet de parapsychologue.

Le psychologue s’inscrit dans une démarche de soins (relisez la définition de la santé selon l’OMS). Nous sommes inscrits à l’ARS comme l’infirmier, le médecin, l’orthorphoniste.

A vous lire, on croirait que le psychologue est une sorte d’artiste incompris. Le psychologue hospitalier ne servirait donc à rien vu qu’il n’est pas dans une démarche de soins.

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lundi 15 mai 2017 à 18h49 - par  psycho

Ps : les patients savent très bien quand ils vont voir un psychologue que ça n’est pas un astrologue !!!il se peut que des psychologues se prennent pour des astrologues

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lundi 15 mai 2017 à 18h40 - par  psycho

L’originalité de la démarche des psychologues est que leur profession n’est pas une profession issue du médical et que les citoyens demandent quelqu’un de différent d’un auxiliaire médical de plus pour être entendu et les accompagner à transformer leur souffrance.Savez vous ce que veut dire prescription médicale ?
vous rêviez d’étre médecin, infirmier ou orthophoniste, c’est raté si vous êtes psychologue.

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lundi 15 mai 2017 à 10h44 - par  kadija TURKI

Je connaissais le texte de Mr Raoult mais je tiens les états d’âme du psychologue pour déterminés par sa situation : la non reconnaissance de la psychologie comme profession de santé entraîne la division entre son statut d’autonomie théorique et la réalité de sa présence institutionnelle sous dépendance médicale.

C’est le médecin qui la responsabilité de l’entrée, la sortie du patient, le diagnostic, le traitement et le projet de soin. Le psychologue est convié à donner son avis et à exercer une influence à la hauteur de sa plus ou moins bonne relation au médecin.

Actuellement la pluridisciplinarité est la mise à disposition des disciplines non médicales au projet médical. L’altérité des ces disciplines n’existe pas, leur contribution est réduite à la servitude.

Le partage du pouvoir dans le champ de la santé est au coeur des débats parlementaires. Ces exigences de gouvernement empêchent actuellement une réflexion sur le coût de la politique toute médicale et le développement d’autres alternatives.

L’indépendance de la psychologie en dialogue avec la médecine et non sous sa tutelle permettrait d’envisager la démocratie dans le domaine des soins.

 

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dimanche 14 mai 2017 à 16h26 - par  kadija TURKI

Ce décret est le prolongement du projet de loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2017 qui lance, entre autres, l’expérimentation des prescriptions et du remboursement des consultations de psychologues en exercice libéral.

C’est une grande avancée qui est le premier pas vers la reconnaissance de notre profession (nous sommes davantage vus comme des astrologues).

Il n’y a aucune régression. Les consultations d’infirmiers, d’orthoptistes, d’orthophonistes ainsi que des médecins spécialisés nécessitent une prescription médicale préalable.

Ces professionnels sont socialement reconnus et connaissent moins de difficultés que les psychologues.

Je déplore votre réaction partisane qui entend uniquement préserver l’intérêt des psychologues hospitaliers. Ces derniers rémunérés par la structure hospitalière et ne peuvent faire l’objet d’une évaluation de leurs pratiques par un cadre de santé contrairement aux autres professions de santé.

Pourtant si cette expérimentation est une réussite, les psychologues hospitaliers pourront, comme les médecins, s’émanciper du cadre hospitalier.

Ce décret va dans l’intérêt du plus grand nombre offrant aux jeunes en souffrance psychique un meilleur accès à nos actes.

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