Jean-Louis Quéheillard Lettre ouverte aux membres du SNP sur le titre de psychothérapeute – Avril 2011

Cette lettre du précédant secrétaire générale du SNP, transmise par un collègue , encore adhérent au SNP, vient confirmer la déliquescence des organisations de psychologues . Le SNP qui paradoxalement a publié le manifeste des psychologues hospitaliers, (très difficile d’accès sur son site) devient le syndicat des psychothérapeutes "psychologues",on le savait et la FFPP dans tout ça, elle lui a bien emboité le pas allant jusqu’à ignorer la demande de diffusion de ce manifeste . Il reste le collectif des psychologues hospitaliers, un ensemble de psychologues non organisés "par défaut" pour défendre la profession de psychologue. Faites signer le manifeste et organisons nous !

Psychologuesenresisatnce

Jean-Louis Quéhei l lard _ Lettre ouverte aux membres du SNP sur le titre de _ psychothérapeute – Avril 2011. _ Quelle est la politique du SNP concernant le titre de psychothérapeute ? On peut se poser la _ question au vu des dernières prises de position qui ont été diffusées concernant l’inscription _ sur la liste départementale des psychothérapeutes, au titre de la « clause du grand-père », des _ psychologues ayant plus de cinq ans de pratique. Initialement, la consigne syndicale était de _ ne pas s’inscrire. En effet, considérant que l’usage du titre de psychothérapeute est distinct de _ l’exercice de la psychothérapie qui est et reste une des pratiques des psychologues, ils n’ont _ donc pas besoin de se réclamer du titre de psychothérapeute pour pratiquer les actes de leur _ profession dont l’exercice de la psychothérapie fait partie (voir par exemple le texte syndical _ du 24 octobre intitulé « Information »). _ Or, mi-mars 2011, revirement de situation : tout en laissant entendre que s’inscrire ou non sur _ les listes départementales reste de la responsabilité de chacun, le syndicat invite clairement les _ psychologues à s’inscrire en application d’ « un certain principe de précaution ». Le SNP _ engage une manoeuvre de « marche arrière toute » qui a plongé nombre d’entre nous dans _ l’incompréhension. Voyons quels sont les arguments avancés par le syndicat. « Certains _ employeurs, certains assureurs, certaines agences pages jaunes… » nous dit-on, exigent des _ psychologues qu’ils soient inscrits sur les listes. Les agences « pages jaunes » : elles font leur _ boulot. Nous avons suffisamment pesté contre le fait qu’elles ne vérifiaient pas toujours _ l’autorisation à faire usage du titre de psychologue pour leur en vouloir de le demander aussi _ pour le titre de psychothérapeute. Autrement dit, si un psychologue demande à « pages _ jaunes » d’être inscrit aussi comme psychothérapeute, qu’il ne s’étonne pas que l’agence _ demande des preuves qu’il est bien un psychothérapeute « légal ». C’est le choix personnel du _ psychologue X de revendiquer son inscription sur les pages jaunes comme psychothérapeute, _ et ce n’est pas le problème d’une organisation syndicale professionnelle dont le but est de _ défendre le titre et la profession de psychologue. Ensuite, « certaines assurances » : combien y _ a-t-il d’assurances qui remboursent les actes des psychologues ? Hélas, un nombre _ ridiculement restreint ! Personnellement j’en connais deux, admettons qu’il y en ait le double _ — et nous ne parlerons pas ici du taux de remboursement et du nombre de séances _ remboursées ! Donc un phénomène réel, mais extrêmement limité, à peser donc à sa juste _ mesure, et le syndicat pourrait écrire à ces mutuelles pour les éclairer sur la situation et leur _ expliquer sa position. Enfin, « certains employeurs » : s’il s’agit d’une nouvelle embauche, _ l’employeur peut avoir l’exigence de recruter un psychothérapeute en titre, et dans ce cas, le _ candidat sera évidemment mieux placé s’il possède ce titre. Mais si le contrat est en cours ou _ la nomination déjà effective, la demande de l’employeur peut toujours se discuter. En aucun _ cas elle ne peut menacer l’emploi puisqu’elle serait une clause rajoutée unilatéralement et _ rétroactivement, le titre de psychothérapeute n’ayant encore aucune existence au moment où _ le recrutement a eu lieu. Donc il s’agit d’une discussion entre employeur et employé dans _ laquelle chacun peut faire valoir ses arguments, et le psychologue employé peut alors _ expliquer la différence essentielle entre l’exercice des psychothérapies, qui fait partie de ses _ activités, et le droit à faire usage du titre de psychothérapeute, que crée la nouvelle loi. Or tout _ cela, ces argumentaires, qui permettraient de maintenir une position syndicale forte et _ cohérente, où les voit-on ? Où peut-on les lire ? Il y a certes, des cas d’espèce, on vient de le _ voir, et il n’est pas question de laisser ceux des collègues qui peuvent se trouver en position _ critique se mettre en danger. Mais cela justifie-t-il cet appel massif, sous prétexte de _ précaution, à aller contre la position syndicale prônée depuis des mois et diffusée bien au-delà _ du syndicat à nos collègues qui venaient nous demander un éclairage ? _ On nous répondra que l’avocat, celui qui défend notre cause auprès du Conseil d’Etat pour _ obtenir l’abrogation du décret, a dit qu’il n’était pas sûr de gagner et nous conseille de ne pas _ laisser passer la possibilité de s’inscrire. Rien de surprenant à cela : l’avocat est à sa place de _ conseil, le syndicat doit rester à la sienne qui est de définir une action. Alors, ne demandons _ pas à l’avocat de définir notre politique syndicale, et soyons-lui reconnaissant de ses conseils _ de prudence. Par contre, nous disposons d’une analyse juridique approfondie, rédigée par la _ Professeure Thouvenin en 2010 à la demande du SNP, sur laquelle il ne s’appuie pas. Et cette _ étude juridique nous a permis de comprendre les points essentiels suivants : a) qu’il existe une _ profession de psychologue (même si elle doit être renforcée) ; b) que le titre de _ psychothérapeute est conçu pour être porté par les membres de plusieurs professions _ (psychiatre, psychologue, psychanalyste) ; c) que psychothérapeute, avec la loi, devient un _ titre mais pas une profession, et qu’il ne peut pas devenir une profession puisque nul ne peut _ exercer plusieurs professions. A partir de là, nous savons, mieux que jamais, que la voie _ syndicale, notre devoir de syndicat, est de défendre et de continuer à valoriser la profession de _ psychologue. Cela suppose de tenir ferme, de ne perdre aucune occasion d’expliciter l’esprit _ et la lettre de la loi sur le titre de psychothérapeute, de proposer un soutien syndical aux _ collègues qui en auraient éventuellement besoin pour faire comprendre à leur employeur le _ sens de notre choix de ne pas valoriser le titre de psychothérapeute, puisque le titre et la _ profession de psychologue constituent pour tous, employeurs, clients et professionnels, de _ bien meilleures garanties.Cette étude juridique, à quoi a-t-elle servi ? Le syndicat préfère nous _ engager à courir nous inscrire sur les listes au prétexte que la situation serait « fortement _ surréaliste et dangereuse ». _ Les listes de psychothérapeutes ont maintenant une existence légale. Que s’y inscrivent, s’il y _ en a, ceux des psychologues qui le veulent ou qui pensent ne pas pouvoir faire autrement. _ Mais encourager les collègues à s’inscrire sur ces listes, comme le fait actuellement le SNP — _ alors que par ailleurs il cherche par tous moyens à obtenir l’abrogation du « décret _ psychothérapeute » — cela brouille son image et rend sa politique incompréhensible. Et _ surtout c’est une politique qui dessert la profession. _ Ce n’est pas en courant après le titre de psychothérapeute que nous sauverons la _ profession de psychologue ! _ 28/04/11 _ Jean-Louis Quéhei llard _ jean-louis.queheillard@club-internet.fr


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