La présence des psychologues dans la prévention et le soin de la souffrance psychique, repérée par LA MISSION D’INFORMATION SUR LA SITUATION DE LA PSYCHIATRIE DES MINEURS EN FRANCE

à notre sens encore minimisée selon nous
jeudi 18 mai 2017
par  psycho
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Page 120 à 123 concernant les psychologues

Ce rapport est intéressant, tout en repérant la place et l’utilité des psychologues nous pensons que c’est encore en dessous de la réalité de leurs réelles responsabilités, en pédopsychiatrie : le libre accès aux psychologues dans pas mal de lieux de consultations, la responsabilité qu’ils prennent dans les prises en charges de soins psychiques et psychothérapiques, la fonction clinique dans les équipes pluridisciplinaires de pédopsychiatrie et enfin la plus value qu’ils offrent par le travail de formation, d’information , de recherche clinique associé à un travail personnel d’analyse, leur approche disciplinaire spécifique et non médicale sont largement passés sous silence

Ce document montre déjà l’importante responsabilité des psychologues dans la prise en charge des enfants et adolescents, alors pourquoi la dévaluer dans un decret niant cette responsabilité pleine et entière.

 

2. Le rôle de chacun au sein de l’équipe doit être mieux reconnu
a) Les psychologues
Face à une situation de souffrance psychique, les psychologues peuvent intervenir à la fois en amont, dans la prévention, le repérage et l’orientation, et en aval, dans la prise en charge thérapeutique. Environ 36 000 psychologues sont en activité en France ; la moitié d’entre eux exerce au sein de la fonction publique, 30 % dans le secteur associatif, entre 5 et 10 % dans le secteur privé, tandis que 10 % exercent en libéral, de façon partielle ou exclusive.

De fait, ils assurent un rôle de prévention et d’orientation vers une prise en charge psychiatrique dans des structures dépourvues de pédopsychiatres, à l’instar des maternités, des crèches, ou des centres de PMI. A ce titre, ils assurent notamment une partie du soutien à la parentalité, dont plusieurs spécialistes entendus par la mission d’information ont relevé l’importance. De surcroît, compte tenu de la démographie défavorable des pédopsychiatres, les psychologues interviennent depuis les années 1990 aux côtés de pédopsychiatres dans la prise en charge, avec trois fonctions principales : l’accompagnement psychologique, ponctuel ou non, le diagnostic, et l’élaboration du projet thérapeutique au sein de l’équipe pluridisciplinaire.L’enquête de la fédération nationale des CMPP de 2013 précise la part respective de chaque profession parmi le personnel thérapeutique des différents centres : 27 % de psychologues, 14 % d’orthophonistes, 11 % de psychomotriciens et 4,75 % pour l’ensemble des médecins – généralistes, pédiatres, pédopsychiatres. Le Dr Patrick Belamich souligne ainsi que les psychologues représentent désormais le « noyau dur » des soignants en CMPP et dans les intersecteurs. Les psychologues tiennent une place centrale dans le travail quotidien des CMPP, dont certains fonctionnent sans pédopsychiatre, un médecin assurant une présence minimale. Si ce rôle est moins marqué dans les CMP, plus médicalisés, l’hétérogénéité des situations domine, traduisant les disparités régionales en matière de pédopsychiatrie. Dans les services hospitaliers de psychiatrie infanto-juvénile, les psychologues travaillent en soutien des pédopsychiatres, préparant notamment la sortie de l’hôpital en assurant la liaison avec les structures extérieures à l’hôpital. Environ 4 000 psychologues travaillent au sein de la fonction publique hospitalière, dont 1 500 sont titulaires.

Le développement du rôle des psychologues dans la prise en charge des souffrances psychiques et psychiatriques s’est accompagné d’un renforcement de leur formation. L’article 52 de la loi du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique2 réserve l’usage du titre de psychothérapeute « aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes », selon des conditions de formation déterminées par voie réglementaire. En particulier, l’inscription sur le registre des psychothérapeutes est subordonnée à la validation d’une formation en psychologie clinique.

Toutefois, le syndicat des psychiatres des hôpitaux et la société de l’information psychiatrique estiment nécessaires une clarification du statut du psychologue et un approfondissement de la question de leur formation.
Ils précisent que : « l’accès à davantage de clinique dans leur cursus permettrait une meilleure expérience du terrain, une homogénéisation des compétences. La formation des psychologues cliniciens en France n’a pas la solidité clinique de celle d’autres pays européens ou nord-américains. »

La situation actuelle semble attester d’un décalage entre la réalité du rôle des psychologues dans les structures de prise en charge pédopsychiatrique et les conditions de formation et de valorisation de leurs interventions. A ce problème ancien, le plan de santé mentale 2011-2015 entendait déjà apporter une réponse, en préconisant une dérogation tarifaire permettant aux psychologues libéraux exerçant dans le réseau d’être payés par la sécurité sociale.
Dans son évaluation du plan psychiatrie et santé mentale 2011 2015, le HCSP « regrette l’absence de remboursement des soins de psychothérapie » et affirme : « concernant les psychologues, il semble que les recommandations du plan n’aient pas été mises en œuvre tant concernant le remboursement des psychothérapies que sur les efforts d’intégration dans les équipes pluridisciplinaires ou encore des formations croisées avec d’autres professions ». Dans le cadre de la prise en charge précoce des souffrances mentales, la mission d’information recommande en ce sens de permettre que les consultations de psychologues cliniciens exerçant en ville puissent être prises en charge par l’assurance maladie.
Proposition n° 45 : Permettre sous certaines conditions la prise en charge par l’assurance maladie des consultations de psychologues cliniciens en ville sur l’ensemble du territoire afin de répondre le plus précocement possible à la souffrance psychique.

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