Un rapport sénatorial souligne l’état "inquiétant" de la psychiatrie

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LEMONDE.FR avec AFP | 03.06.09 | 16h34

L’état de la psychiatrie en France est "des plus inquiétants" sous l’angle de la prise en charge des patients, estime un rapport parlementaire qui préconise l’organisation d’états généraux de la santé mentale. Le rapport, réalisé sous l’égide de l’Office parlementaire d’évaluation des politiques de santé (Opeps), a été publié mercredi 3 juin.

ESSAI "Comment la psychiatrie et l’industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions", de Christopher Lane Un projet de loi au printemps pour réformer la psychiatrie La réforme des hôpitaux psychiatriques, "un retour en arrière" Edition abonnés Archive : Psychiatrie : la régression sécuritaire, par Cécile Prieur Selon le sénateur UMP Alain Milon, rapporteur du texte, "la psychiatrie, qui devrait être le pivot de la politique de santé mentale, est incapable d’assurer la prise en charge des patients". Il incrimine à cet égard des politiques de prévention et d’information "presque inexistantes", une détection "souvent trop tardive", des moyens hospitaliers "insuffisants et mal articulés avec les soins de ville", des traitements "agissant plus sur les symptômes que sur leurs causes".

30 000 PLACES SUPPRIMÉES EN VINGT ANS

Il note aussi que même si les dysfonctionnements sont connus depuis longtemps, "aucune réforme profonde de l’offre de soins psychiatriques n’a été conduite en France" depuis 1960. En vingt ans, près de 30 000 lits et places ont été supprimés en psychiatrie, ce qui a transféré aux proches la charge de l’accompagnement.

L’Opeps propose d’organiser des états généraux de la santé mentale qui réuniraient l’ensemble des professionnels concernés, au niveau régional puis national, et de mettre en place de façon expérimentale des groupements locaux pour la santé mentale.

FORMER LES GÉNÉRALISTES

Il demande de renforcer la formation des médecins généralistes en psychiatrie et les coopérations entre professionnels de santé mentale, et de former des infirmiers en psychiatrie au niveau master. Il insiste sur la nécessité d’améliorer les traitements et de faire un effort en faveur de la recherche, la France étant "mal placée" sur le plan international, même si elle est en pointe sur certaines pathologies comme l’autisme.

Selon Nicolas About, vice-président de l’Opeps, les parlementaires espèrent ainsi "débloquer la réflexion" du gouvernement sur la loi attendue sur la santé mentale et le pousser à "avancer un peu plus vite".

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